SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN CÔTE D'IVOIRE, CES CADRES QUI NOUS ETONNENT
- REHOBOTH EBENEZER

- 11 oct. 2025
- 3 min de lecture

Quand tu regardes la situation socio-politique du pays, que penses-tu des intellectuels ivoiriens qui ne cessent de nous surprendre ? voilà la question que je me pose depuis un moment. Voir de hauts diplômés qui se comportent comme des illettrés me pousse à remettre en question la nature même de la réussite scolaire et universitaire.
Confucius notait il y a plus de 2 000 ans : « Si une personne peut réciter trois cents poèmes mais est incapable d’accomplir une tâche officielle qui lui est confiée et de faire preuve d’initiative lorsqu’elle est envoyée à l’étranger, à quoi servent ces nombreux poèmes pour cette personne ? »
La véritable éducation doit trouver un équilibre entre l’obéissance aux ordres et l’exercice de l’initiative, la maîtrise de soi et la prise de décision créative.
Comme l'enseignait Socrate, il existe deux sortes de liberté. Il y a la liberté de liberté : faire ce que l'on veut, quand on le veut, avec le moins de contraintes possible. Mais la véritable liberté est l'autonomie (auto-nomos, qui signifie « auto-loi ») : la capacité à développer des objectifs et des normes personnels qui dépassent les attentes de la société, en possédant une loi intérieure du cœur liée à la maîtrise de soi et à la prise de décision consciente.
L'éducation doit reconnaitre la nature spirituelle de l'être humain, et une éducation authentique doit mobiliser l'âme, et pas seulement l'intellect. Là où d'autres voient l'éducation principalement comme un moyen d'acquérir pouvoir, statut ou réussite matérielle, nous la voyons comme une voie vers le dépassement de soi, un mouvement au-delà des désirs égocentriques vers un but supérieur.
Il ne s'agit pas d'un romantisme anti-matérialiste. Nous pensons que tous les diplômés devraient réussir professionnellement et contribuer significativement à la vie économique. Mais nous devrions aussi viser à ce qu'ils y parviennent en s'appuyant sur une clarté morale et un objectif transcendant, source de résilience, d'orientation et de capacité à élever leur entourage, ce que nous considérons comme la véritable mesure de la réussite scolaire.
L'objectif est celui décrit par Platon dans « La République » : les arts libéraux servent de « servantes et d'auxiliaires » qui « élèvent le regard de l'âme vers le haut » vers la divinité. À travers la littérature, l'histoire, la philosophie, la rhétorique, les mathématiques, les sciences et les arts, les étudiants parviennent à percevoir l'illumination divine présente en toute chose.
Lorsque l'éducation cultive à la fois la vertu et les aptitudes, lorsqu'elle développe le caractère et les compétences, elle produit des leaders qui non seulement réussissent professionnellement, mais qui élèvent aussi leur entourage. Elle forme des citoyens autonomes, des innovateurs motivés par plus que le profit, et des êtres humains qui trouvent un sens à leur vie au-delà de l'accumulation matérielle.
Les établissements d'enseignement modernes sont devenus remarquablement efficaces pour former des diplômés capables de naviguer dans des feuilles de calcul, de rédiger des rapports et de suivre des instructions. Ils ont largement abandonné la formation du caractère : le développement d'êtres humains à la fois intègres et compétents, alliant vertu et aptitudes.
Lorsque l’éducation et la quête matérielle se détachent de la formation du caractère, les conséquences se répercutent sur toute la société : baisse de confiance, échecs éthiques en matière de leadership et une génération qui, bien que professionnellement compétente, manque souvent de la boussole morale nécessaire pour relever des défis complexes ou contribuer de manière significative au bien commun.
Les anciens avaient compris quelque chose que nous avons oublié. À l'époque traditionnelle, l'enseignement était conçu pour aider les êtres humains à comprendre le vrai, le bien et le beau. L'école a nourri le seul outil que nous possédons véritablement : notre esprit pensant. L'objectif n'a jamais été la préparation à un emploi, mais l'éveil à des idéaux transcendants susceptibles de guider une vie pleine de sens.
Imaginez le décalage ressenti par les étudiants aujourd'hui. Ce qui s'exprime implicitement dans leurs déclarations comme « Quand est-ce que j'utiliserai ça ? » est en réalité l'espoir d'une raison profonde d'apprendre. Les étudiants aspirent à une raison transcendante d'étudier, mais manquent de mots pour l'exprimer, alors ils qualifient cela d'« ennuyeux ».
L'école a une raison d'être plus noble : devenir un être humain, éclairé par la sagesse intellectuelle et la rationalité, dont l'esprit est invincible face à tout problème. C'est devenir une personne intelligente, réfléchie et intéressante, dont la réussite nourrit un sentiment d'accomplissement profond.



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