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SITUATION SOCIO POLITIQUE DE LA CÔTE D'IVOIRE QUE DISENT NOS CHEFS RELIGIEUX ?

  • Photo du rédacteur: REHOBOTH EBENEZER
    REHOBOTH EBENEZER
  • 3 oct. 2025
  • 3 min de lecture


Il y a retour du et recours croissants au religieux. Celui-ci joue un rôle très important en Afrique. Il est, comme dans la plupart des sociétés, au cœur des systèmes symboliques et des représentations du jeu politique, des comportements démographiques, du sens donné à la vie et à la mort ou de l’école et de la santé. Le religieux ne peut être ni réduit à des croyances privées, ni assimilé à une recréation permanente. Il n’est pas une implantation externe

mais une appropriation. La religion (qui relie) et le sacré (sacrifice et sacrilège) sont la pierre angulaire de toute institution sociale, politique, économique. Les réseaux religieux se développent fortement en comblant le vide de l’État et des institutions dans le domaine de l’éducation, de la santé ou des services sociaux. Ils permettent de supporter les tragédies vécues par les personnes.


On ne peut rien comprendre au jeu politique actuel du Mali si l’on ignore le rôle des féticheurs (les chasseurs) ou au Bénin si l’on ignore le rôle du vaudou (près de 2/3 de la population s’en réclame). Dans une conception écocentrée et non pas anthropocentrée, il s’agit de respecter les forces naturelles et non de les maîtriser. L’acte économique matériel désacralisé a une place secondaire.

L’usage profane d’un bien importe moins que son usage sacré. Le temps ambivalent des activités traditionnelles l’emporte sur le temps productiviste. Le don et le contre-don sont des échanges différés de biens différents qui s’opposent par leurs délais et par leur signification aux relations d’équivalence de l’échange marchand. La société est un système de relations symboliques et non un système d’échanges

onéreux. La religion actualise le passé plus qu’elle ne se projette dans le futur. Elle reproduit selon des rites plus qu’elle n’innove.

Les Églises sont restées à la fois des forces d’opposition et de résistance et des forces de soutien aux pouvoirs politiques. Les Églises chrétiennes influencent fortement les compromis sociopolitiques (cf. le rôle joué par Mgr Tutu dans la réconciliation sud-africaine après l’apartheid ou par les Églises malgaches en 2001). Les Églises sont des relais des États défaillants (enseignement, assistance médicale, aide sociale). Les réseaux religieux sont des lieux de socialisation, d’entraide, d’éducation, de soins et de redistribution. Ils participent au soulagement des misères. Les religions sont des fenêtres ouvertes sur le monde ; par elles arrivent les flux monétaires ou d’information et se constituent des réseaux transnationaux.

Inversement, les « entrepreneurs politiques » utilisent le registre religieux en créant des cultes ou en récupérant les Églises comme instrument de pouvoir.

Les religions se développent également en liaison avec des enjeux stratégiques des puissances occidentales et du monde arabe et perse. Le fondamentalisme religieux croît avec entre autres les néopentecôtistes, soutenus par les ÉtatsUnis, et l’islam, appuyé notamment par quelques grands pays arabes. L’instrumentalisation du religieux est au cœur des conflits du Soudan, de la Somalie, de l’Érythrée, de l’Éthiopie, du Nigeria, voire de la Côte-d’Ivoire ou du Tchad, opposant un « Nord musulman » et un « Sud chrétien ». La religion peut contribuer à stigmatiser et à exclure l’impur devenu bouc émissaire. Elle peut conduire à des identités meurtrières (Maalouf ) dès lors que l’intégrisme nie l’universalité des valeurs et la diversité des identités culturelles.

Les conflits ethno-religieux s’inscrivent généralement dans des ressentiments dont les racines historiques sont lointaines. Ils renvoient à des conflits fonciers, d’accès aux emplois ou aux rentes publiques, à l’école ou au pouvoir. Pour l’essentiel, la religion est instrumentalisée mais les autorités religieuses peuvent dans certains cas extrêmes attiser les conflits, que ce soit les Imams au nom du

djihad ou les églises chrétiennes (cf. le soutien à L. Gbagbo en Côte d’Ivoire en 2010, les appuis aux génocidaires au Rwanda en 1994).

La religion n’est pas en elle-même un obstacle au développement économique. Les banques islamiques savent s’adapter au contexte et éviter certaines

dérives comme ont su le faire les pratiques bancaires avec la religion chrétienne. Les réseaux religieux sont des systèmes d’assurance, d’assistance et de

protection sociale qui se substituent à l’État providence. Certains référents religieux conduisent toutefois à valoriser le passé, limiter l’innovation et la

destruction/créatrice.


Que disent nos religieux dans cette situation critique ?





 
 
 

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