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REMBLAYAGE, FRAUDE SUR LA NATIONALITÉ IVOIRIENNE, KOME BAKARY... LA RÉVOLTE DES ÉLITES IVOIRIENNE

  • Photo du rédacteur: REHOBOTH EBENEZER
    REHOBOTH EBENEZER
  • 14 févr.
  • 3 min de lecture



Dans son ouvrage de 1994, « La Révolte des élites », Lasch affirmait que les classes dirigeantes américaines modernes avaient cessé de se percevoir comme les gardiennes d'un projet national commun. Elles se voyaient de plus en plus comme une caste mobile et mondialisée, éduquée dans les mêmes institutions, fréquentant les mêmes villes, guidée par les mêmes goûts et n'ayant de comptes à rendre qu'à leurs pairs. La citoyenneté était considérée comme un inconvénient mineur. La nation et le patriotisme n'étaient plus que des vestiges sentimentaux d'une époque révolue.


La société ivoirienne ressemble à une étude de cas dans la thèse de Lasch.


Voici des individus en Côte d'Ivoire dont la fortune reste opaque, dont les sources de revenus sont rarement examinées de près et dont le statut social semble à l'abri des risques habituels en matière de réputation. Ils jouent un rôle d'intermédiaire entre financiers, politiciens, universitaires, membres de la royauté et célébrités, dont beaucoup prônent publiquement des politiques d'élévation morale, de justice sociale et de responsabilité mondiale. Pourtant, en privé, ils vivent dans un monde marqué par le luxe, le sentiment d'avoir droit à tout et le mépris des limites.


Le détachement des élites en Côte d'Ivoire n'est plus seulement économique, mais aussi existentiel, et il est loin d'être l'apanage des Ivoiriens. Les classes dirigeantes des démocraties avancées vivent de plus en plus dans un monde marqué par la mobilité, l'abstraction et l'impunité. Leurs loyautés sont professionnelles plutôt que civiques, globales plutôt que nationales, et managériales plutôt que morales. Elles perçoivent la société moins comme un héritage commun que comme un ensemble de problèmes à gérer à distance. Dans un tel monde, l'attachement à un lieu, à la mémoire et au destin commun apparaît étriqué, voire suspect, tandis que le sentiment d'appartenance lui-même est insidieusement redéfini comme un obstacle au progrès.


En Côte d'Ivoire, il existe un monde clos où règnent la richesse, l'influence et l'impunité. Et chaque scandale politique, économique, culturel ivoirien ne réside pas tant dans le fait que des personnes puissantes se soient mal comportées en privé l'histoire regorge d'exemples mais dans le fait qu'elles l'aient fait avec une assurance fondée sur la conviction d'être à l'abri des conséquences de leurs actes. Ils évoluent au sein d'une élite culturelle transnationale qui s'est largement affranchie des contraintes morales ordinaires, de la responsabilité légale et des obligations civiques. Cette élite ne se contente pas de tolérer certaines bêtises comme l'affaire kome bakary , remblayage , fraude sur le passeport ivoiren etc... elle le normalise.


Ceux qui élaborent les politiques relatives au maintien de l'ordre, à l'éducation, à la santé publique et à la sécurité nationale en subissent rarement les conséquences. Ils n'envoient pas leurs enfants dans des écoles en difficulté, ne vivent pas dans des quartiers à forte criminalité, ne disputent pas les logements rares et ne sont pas confrontés aux dysfonctionnements des institutions publiques. Leur vie est protégée par la richesse, le lieu de résidence, les services privés et, de plus en plus, par la loi elle-même.


Lasch a averti qu'une telle classe dirigeante finirait par perdre toute légitimité, non par idéologie, mais par nature. Une société ne peut être gouvernée indéfiniment par des individus qui ne se sentent pas appartenir à elle. Lorsque les élites deviennent des touristes dans leur propre pays, financièrement mondialisées, culturellement déracinées et moralement déconnectées, leur autorité ne repose plus que sur la coercition et le spectacle.






 
 
 

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