PRÉCARITÉ DE L'EMPLOI EN AFRIQUE, CE QU'IL FAUT SAVOIR.
- REHOBOTH EBENEZER

- 16 déc. 2024
- 3 min de lecture

Ce matin, j'ai mené une réflexion sur la précarité de l'emploi en Afrique, qui selon moi dépend de comment la société perçoit le travail.
Sous le capitalisme, les travailleurs sont obligés de vendre leur force de travail aux capitalistes, qui les exploitent en leur versant des salaires inférieurs à la valeur totale produite par leur travail.
Traiter le travail comme une marchandise contrôlée dans une économie planifiée porte atteinte à la liberté individuelle et conduit à une forme de servage.
Le travail, la terre et l’argent qui sont traités comme des marchandises dans une économie de marché, mais qui ne sont pas vraiment des marchandises au sens traditionnel du terme.
Le travail est une marchandise fictive parce qu’il n’est pas produit pour être vendu, mais qu’il est un aspect inhérent à la vie humaine.
La marchandisation du travail réduit les êtres humains à de simples intrants dans le processus de production, ignorant leur importance sociale et morale.
Traiter le travail comme une marchandise est contre-nature et néfaste, car cela conduit à la désintégration sociale et à l’exploitation. Jeune économiste, j'ai partagé cette réflexion avec le professeur Mamadou koulibaly pour être encore plus instruit sur le sujet.
Selon le professeur Mamadou koulibaly le travail est un service rendu par des personnes sur un marché qui se caractérise par une offre et une demande de ce service.
Ce service est produit par ces personnes qui se forment ou pas, se donnent des compétences de différentes qualités acquises par investissements de temps et d'argent. Ces services ont donc un coût d'acquisition et donc de production que leur offre et leur demande ne pourraient ignorer. Ce que ma réponse veut dire c'est qu'en Afrique les services du travail ont des caractéristiques qui conduisent, entre autre, à la problématique de la précarité de l'emploi qui n'est qu'une lointaine conséquence.
● L'offre de services du travail s'explique par la taille de la population, son niveau de formation et de compétences acquises, les rémunérations proposées.
Les personnes qui offrent du travail, et qui sont donc des demandeurs d'emplois ont une mauvaise formation ( la qualité), une formation limitée ( la diversité), une formation inadaptée ( l'employabilité ).
● En face de ce type de services offerts par ceux qui demandent des emplois, il y a les structures qui offrent des emplois et qui sont les demandeurs de travail, en général regroupés sous l'appellation d'entrepreneurs. Ces demandeurs de travail ne sont pas nombreux, ni intéressés. Ces entreprises sont motivées à créer des emplois en fonction de la croissance économique. Or cette croissance en Afrique est sourcée dans:
● un secteur primaire encore archaïque, avec un surplus de mains d'œuvres à faible productivité;
● un secteur secondaire peu développé et qui s'est spécialisé dans des tentatives de substitution aux importations ou la légère transformation des produits agricoles ou miniers avant exportation. En conséquence ce secteur à un apport relativement faible au reste de l'économie et donc incapable d'impulser une quantité et une qualité d'emplois qui pourraient satisfaire les innombrables offres de services du travail.
● un très grand secteur tertiaire marqué par le commerce d'importations de marchandises diverses pour la consommation locale.
● En définitive, la demande de travail est dans un environnement hostile à l'emploi, avec des politiques économiques dont le coût social est élevé pour tous, du fait d'États bureaucratisés et corrompus.
● Avec ces caractéristiques résumées de l'offre et de la demande des services du travail, nous découvrons un marché du travail quasiment inexistant, ou bien, les segments qui existent sont plutôt informels avec des productivités faibles, des rémunérations faibles, ou bien alors relèvent de l'auto emploi de personnes vivant dans la précarité, non pas de leur emploi mais de leurs conditions de vie.
● Résultat: lorsque les gouvernements dans ces conditions de segmentation du marché du travail fixent des salaires minimaux, les travailleurs, dans l'informel et l'auto emploi, dans l'agriculture ou le secteur tertiaire se retrouvent avec des salaires effectifs en dessous du salaire minimum supérieur au seuil de pauvreté et qui devient pour eux un salaire plafonds plutôt qu'un salaire plancher.
Ce n'est pas l'emploi qui est précaire mais les conditions de vie.
La précarité de l'emploi n'est pas une cause mais une conséquence de la nature de l'offre et de la demande de travail.
De nombreuses personnes travaillent dans ces conditions mais sont en réalité des chômeurs déguisés.




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