POURQUOI LES GRANDES ENTREPRISES PERDENT LEUR DOMINATION DANS LEUR SECTEUR ?
- REHOBOTH EBENEZER

- 21 mai 2025
- 4 min de lecture

Ce n'est un secret pour personne que wave ci et djamo ci dominent le secteur de mobile money qui autrefois était dominé par orange ci et mtn ci. Je ne suis pas étonné si depuis 2021, les bénéfices d'orange ci ne progressent plus. En effet, le secteur du mobile money a joué un rôle extrêmement important dans la croissance exponentielle des bénéfices d'orange ci depuis 2015. Désormais, Orange ci doit se contenter du secteur des appels et des données mobiles (internet) pour maintenir ses bénéfices ou par miracle continuer à les faire progresser. Et qui sait si la situation dans le secteur du mobile money peut aussi arriver dans le secteur des appels et des données mobiles (internet).
Oui, cette remarque ne se limite pas seulement au secteur du mobile money. Elle se montre aussi dans le secteur de l'éducation et des banques. Concernant le secteur de l'éducation, Agitel formation, ucao, université de l'atlantique dominaient de loin l'environnement qui aujourd’hui est dominé largement par l'institut universitaire d'Abidjan laissant à la traîne ces entreprises. Nous avons même Uniwax qui n'arrive même pas à concurrencer les Chinois sur son propre territoire. On a tendance à accuser facilement le gouvernement quand nos grandes entreprises perdent leur domination dans un secteur, pourtant il faut sonder la situation.
Que nous enseigne en réalité cette situation ? Que doivent retenir les managers et entrepreneurs ivoiriens ? Mauvais management ou myopie marketing ? Le modèle de management actuel est-il dépassé ou inadapté ?
Dans cet article, j'exploiterai à fond ce problème.
Observateur très attentif de l'environnement entrepreneurial ivoirien, je suis très fasciné que les grandes entreprises dans leur management ne comprennent pas encore le rôle que les processus d'évolution classiques jouent dans le développement des entreprises. Les économistes leur ont toujours reconnu la faculté de lier les populations des entreprises aux besoins de l'environnement. Si les entreprises ne s'adaptent pas, elles meurent. Au sens plus large (bien que cela déconcerte la plupart des gestionnaires), la théorie se vérifiant trop bien partout. Toutes les créations d'emplois du secteur privé en Côte d'Ivoire des dix dernières années sont le fait d'entreprises qui ne figurent pas parmi les grandes entreprises privées il y a vingt ans. Aujourd'hui, avec ce phénomène, on se demande si nos grandes entreprises qui semblaient invisibles survivraient dans les vingt années qui arrivent.
Toutes nos grandes entreprises qui dominaient leur secteur respectif furent des entreprises à croissance rapide. Insensiblement, un cycle vicieux apparaît. Lorsque ces entreprises connaissent une période de croissance continue, ils finissent par croire que c'est un fait acquis. Ils se persuadent qu'il n'existe pas de substitut pour leur produit ou service et se fient entièrement aux bienfaits de la production en grande série et à la réduction des frais qui en résulte. Les directions se préoccupent des produits ou services qui se prêtent à des améliorations très contrôlées et aux avantages de la réduction des coûts de fabrication. Toutes ces tendances se combinent pour amener une stagnation ou un déclin inévitable.
Dans un secteur déjà en periode de croissance lente, les progrès viendront rarement des grandes entreprises de ce secteur. Pourquoi ? Parceque le processus qui permet à une entreprise de devenir plus productive tend à la rendre moins souple et moins inventive. Il apparaît que l'evolution est un phénomène continu sur le marché, que l'adaptation est cruciale, et que peu de grosses entreprises, voire aucune, en viennent à bout. Une évolution dirigée est importante pour qu'une entreprise conserve ses facultés d'adaptation. Le management actuel de nos entreprises manque de rigueur et de souplesse. Il n'est pas assez rigoriste pour considerer le rôle des valeurs strictement partagées et de la culture comme la source principale de détermination et de stabilité. Il propose, a la place, des règles structurelles et des exercices de planification. En même temps, ne considère pas qu'un manque relatif de structure et qu'une logique de management complétement nouvelles sont nécessaires pour garantir une adaptation constante dans les grandes entreprises.
L'adaptation est trop complexe pour suivre les règlements, si bien qu'un manager astucieux s'assure qu'il existe suffisamment d'essais au jugé en cours pour sastifaire les lois de probabilité et convertir occasionnellement les chances de reussite en succès reels. Nous avons besoin d'un nouveau langage il faut enrichir notre vocabulaire de management.: structures temporaires, groupes ad hoc, organisations fluides, experimentation, orientation vers l'action, imitation, beaucoup d'essais, variations injustifiées, concurrence interne, engouement, technique de la fantaisie, battants du produit, charrettes, cabales et organisation parallèles. Toutes ces termes remettent en question nos facons de voir. Chacun implique une absence de direction claire et un besoin d'action simultané. De nouvelles metaphores et de nouveaux modèles sont necessaires pour construire sur ces bases un ensemble sensé, cohérent et memorisable.
L'adaptation peut être décrite en termes de système de corrélation souple. Alors que la technologie du management actuel de nos grandes entreprises s'est fondée à tort sur la corrélation rigoureuse. C'est-à-dire, un ordre est donné où une politique définie est automatiquement suivie d'effets. Plus on creuse les subtilités de ces entreprises, plus on remet l'ordre en question, et plus on est convaincu que l'efficace, le planifié, le prévisible et le durable ne sont pas des critères assurés d'évolution réussie.
À suivre…



Commentaires