L’AFRIQUE A BESOIN DE VRAIS MANAGERS PROFESSIONELS
- REHOBOTH EBENEZER

- 5 déc. 2023
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Avec la globalisation des marchés ou la ratification des accords de partenariat économiques (APE) entre les pays africains et les pays de l’union européenne, nous voyons la suprématie des entreprises occidentales sur les entreprises africaines. L’Afrique à travers ses entreprises doit s’adapter à la concurrence internationale. La compétitivité qui est l’aptitude à faire face à la concurrence de manière positive et aussi la capacité de maintenir ou d’accroitre ses parts de marché domestique ou internationale est absente chez les entreprises Africaines. Cette situation s’explique par un mauvais management des entreprises Africaines.
Après la seconde guerre mondiale, le management, ou encore science de la gestion des entreprises, a vu le jour. Des techniques de gestion ont été transférés de l’Europe ou l’Amérique vers l’Afrique à la fois par des intermédiaires, des consultants et des gestionnaires européens dans le cadre de contrats techniques et grâce à des écoles de formation spécialisées. Les écoles de gestion ne dirigent cependant pas le pays, mais les chefs d’entreprises oui. Cette mauvaise gestion des entreprises africaines se reflète très bien dans la croissance économique et le développement du continent. Le système produit une foule de cadres aux qualités reconnues, mais n’allant pas dans le sens de l’entreprise.
Ils sont tous disposés à étudier, analyser, définir le problème. Ils baignent dans la spécialisation, la standardisation, le rendement, la productivité et la quantification. Ils sont très rationnels et analytiques, ils mettent l’accent sur les objectifs à atteindre. Ils peuvent réussir dans certaines sociétés s’ils sont capables de fournir un rapport au conseil d’administration ou d’établir des stratégies ou encore concevoir des projets. Le drame, c'est que ces qualités masquent les réelles carences en ce qui concerne la capacité à diriger l’entreprise globalement. Ces cadres de talent courent aux abris dès qu’il s’agit de prendre une décision opérationnelle courante, et échouent souvent de façon lamentable quand on leur demande de faire des bénéfices, d’obtenir des résultats concrets, et de faire avancer l’entreprise.
Il y a l’inaptitude du prétendu manager professionnel Africain a appréhendé la totalité de l’entreprise. Cela est dû à l’approche numérative et rationaliste dans le domaine du management qui domine dans les écoles de gestion. Cette approche nous enseigne que les professionnels du management bien dressés sont capables de gérer n’importe quoi. Elle cherche à justifier toutes les décisions par les analyses objectives. Cette approche est assez juste pour être dangereusement fausse et elle nous a sans aucun doute possible, sérieusement induit en erreur.
Le mot stratégie qui dans le temps signifiait une idée géniale pour battre la concurrence à plate couture est souvent devenue synonyme de percée quantitative, d’avancée analytique, de chiffres, de parts de marché, de courbe d’expérience, de positionnement de l’entreprise dans les matrices à 4,6, ou 24 cases. Le tout étant finalement confié à l’ordinateur. L’analyse quantitative représente aujourd’hui une force dominante dans la vision des affaires. Les sections financières sont présentées dans les écoles de gestion. Les professeurs de talents et les étudiants de valeurs en matière de fabrication et de gestion commerciale, les disciplines de base dans la plupart des entreprises, sont toujours aussi rares qu’une averse dans le désert.
Je ne m’oppose pas à l’analyse quantitative. La plupart des grandes entreprises ont recours à une analyse très rigoureuse qui fait l’admiration et l’étonnement de leurs concurrents. Je m’oppose, en revanche, à l’analyse trop complexe pour être utile, trop lourde pour être flexible, une analyse qui tente désespérément de préciser ce qui est incernable par nature. Par exemple, je vois des entreprises africaines qui font des prévisions détaillées du marché lorsque l’utilisation finale du produit est encore vague.
Je m’oppose surtout à une analyse faite pour les opérationnels par des fonctionnels qui pensent contrôle et sont déconnectés de la marche courante. Je suis aussi opposé à ces cas de figures ou l’action s’arrête et la planification prend le dessus. J’ai vu trop de responsables opérationnels, qui désirant simplement faire leur travail, en sont découragés par les services centraux qui peuvent toujours trouver le moyen de prouver que cela ne marchera pas, bien qu’ils soient incapables de démontrer avec des chiffres pourquoi cela pourrait marcher.
Les écoles de gestion sont en train de nous détruire ; les managers professionnels qu’ils forment n’ont pas l’optique adéquate ; ils ne s’identifient pas personnellement à leurs entreprises ; ils ne s’intéressent pas suffisamment à leur personnel ; leurs cadres supérieures et leurs équipes sont isolés dans leurs tours d’ivoire analytiques. L'Afrique doit avancer à travers ses entreprises, mais cela est possible avec de vrais managers professionnels qui conduiront les entreprises africaines au sommet.




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