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EN CÔTE D'IVOIRE, FAUT-IL CRAINDRE POUR LES BANQUES TRADITIONNELLES FACE AUX FINTECHS?

  • Photo du rédacteur: REHOBOTH EBENEZER
    REHOBOTH EBENEZER
  • 12 mars
  • 3 min de lecture

Dans un post LinkedIn, un utilisateur fait une remarque très intéressante: " 27,7 millions de comptes Mobile money actifs contre environs de 7 millions de comptes bancaires, en cote d'ivoire, le téléphone est en train de remplacer la banque" puis il pose deux les questions suivante:

  • Les Mobile Money vont ils remplacer les banques traditionnelles?

  • Assisterons nous a une collaboration entre banques et fintechs dans le futur?

Il y a quelques jour j'ai appris que Djamo a franchi une étape majeure en Côte d'Ivoire en octroyant plus de 30 000 crédits en seulement deux mois, confirmant son succès dans le nano-crédit et le crédit à la consommation. Cette solution digitale permet des prêts allant jusqu'à 1 000 000 FCFA, visant à soutenir les projets personnels et la trésorerie des utilisateurs. Quand a Wave Côte d'Ivoire qui ne propose pas directement de micro-crédit instantané dans son application mobile money (au 12 mars 2026), mais a lancé Wave Bank Africa à Abidjan pour offrir des services bancaires, y compris des crédits. Aujourd'hui, la majorité des ivoiriens optent pour les fintechs concernant la réception de leur salaire. Faut-il craindre pour les banques traditionnelles?


Oui, il faut craindre pour les banques traditionnelles si le management de ces sociétés ne passe à la vitesse supérieure. Les dirigeants des banques traditionnelles s'octroient de longues périodes de temps pour planifier, organiser, motiver et contrôler, comme la plupart des autorités compétentes le leur suggèrent. Les banques traditionnelles s'accrochent souvent pendant des années à des conceptions erronées du monde qui les entoure malgré l'existence de preuves accablantes qui montrent que ce monde-là a changé et qu'elles devaient peut-être en faire autant. Le choix est entre la résignation au déclin et le dépassement permanent. Une banque, comme toute autre entreprise, est à la merci des performances faites ailleurs, quelquefois très loin de son produit et de sa technique, qui rendront désuets ses produits ou services.


Sans doute les modalités de disparition d'une entreprise sont-elles diverses, mais la lenteur d'un déclin n'en supprime pas la réalité. Et lorsque les entreprises vivent dans la médiocrité, c'est le niveau de vie de ceux qui y travaillent, et finalement celui des autres également, qui en pâtit. Ce mouvement a un caractère contraignant auquel on ne peut échapper, et le seul moyen de ne pas subir le changement est d'en être l'artisan. Aujourd'hui, la créativité est devenue la force principale d'une organisation. Savoir que faire et comment le faire en tous les points très divers d'un front discontinu. Cela modifie la place de l'homme dans le processus de production, et explique sans doute que la régionalisation et la participation se révèlent des besoins fondamentaux de la société scientifique. Les banques doivent comprendre que l'amélioration de vie et la turbulence sont inséparables, et pour échapper à l'obsolescence, elles doivent accepter et rechercher le changement pour se faire porter par lui.


Malheureusement, l'approche numérative et rationaliste dans le domaine du management domine dans les écoles de gestion. Et c'est de là que beaucoup de managers d'entreprise et surtout de banques viennent. Cette approche nous enseigne que des professionnels du management bien dressés sont capables de gérer n'importe quoi. Elle cherche à justifier toutes les décisions par des analyses objectives. Cette approche est assez juste pour être dangereusement fausse, et elle induit sérieusement les dirigeants en erreur. Le mot "stratégie", qui, dans le temps, signifiait une idée géniale pour battre la concurrence à plate couture, est souvent devenu synonyme de percée quantitative, d'avancée analytique, de chiffres de parts de marché, de courbe d'expérience, de positionnement de l'entreprise dans des matrices à 4, 9 ou 24 cases, le tout étant finalement confié à l'ordinateur. Il y a aussi l'usage abusif du mot "rationnel". Rationnel signifie sensé, logique, raisonnable ou encore une conclusion évidente à un problème correctement posé. Mais ce terme a pris un sens étroit avec les modèles analytiques.


Les instruments d'analyse sont là pour prêter assistance, ce qu'ils peuvent faire de manière admirable, mais ils ne sont pas encore capables de fabriquer ou de vendre les produits ou services. Le système produit une foule de cadres aux qualités reconnues mais n'allant pas dans le sens de l'entreprise. Ils sont disposés à étudier, analyser et définir le problème. Ils baignent dans la spécialisation, dans la standardisation, le rendement, la productivité et la quantification. Ils sont très rationnels et très analytiques. Ils mettent l'accent sur les objectifs à atteindre. Ils peuvent réussir dans certaines sociétés s'ils sont capables de présenter un rapport au conseil d'administration ou d'établir des stratégies ou encore de concevoir des projets. Le drame est que ces qualités masquent de réelles carences en ce qui concerne le fait de diriger l'entreprise globalement. Ces cadres de talent courent aux abris dès qu'il s'agit de prendre des décisions opérationnelles courantes, et échouent souvent lamentablement quand on leur demande de faire des bénéfices, d'obtenir des résultats concrets et de faire avancer l'entreprise.




 
 
 

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