EN CÔTE D'IVOIRE, A- T- ON VRAIMENT DES PROGRÈS DANS LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ?
- REHOBOTH EBENEZER

- 2 oct. 2025
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Selon Sika finance, pour l'exercice 2026, le projet de loi de finances en Côte d'Ivoire prévoit un budget globalement équilibré en ressources et en charges à 17 350,2 milliards FCFA (26,45 milliards d'euros), en hausse de 13,1% par rapport aux 15 339,2 milliards FCFA (23,38 milliards d'euros) adoptés en 2025, selon les chiffres publiés ce 1er octobre par le gouvernement ivoirien. Ce volume record témoigne de l'ambition du pays de financer à la fois ses priorités sociales et ses investissements structurants, tout en maintenant une trajectoire de consolidation budgétaire. Entre 2024 et 2026, le budget ivoirien aura augmenté de plus de 3 600 milliards FCFA, confirmant l'effort continu de mobilisation des ressources internes et externes. Cette expansion s'appuie sur une croissance économique projetée à 6,7% en 2026, après 6,5% en 2025. Le gouvernement mise sur la bonne exécution du Plan National de Développement 2021-2025 et sur la poursuite des réformes structurelles engagées dans le cadre du programme économique et financier conclu avec le FMI pour 2023-2026.
Alors avant de juger ce budget, on se demande si au cours des quinze dernières années, il y a eu des progrès remarquables dans le développement économique. Dans cet article je donnerai juste les caractéristiques du développement économique et du sous- développement économique afin de laisser au lecteur le choix de répondre par lui-même.
Le concept de développement économique, forgé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, s’inscrit dans une tradition évolutionniste des sciences sociales pensées sur le modèle des sciences du vivant. Il consiste à faire émerger ce qui est contenu, à dérouler ce qui est enroulé dans les différentes sociétés et à permettre l’épanouissement des potentialités ou des capacités.
Le sous-développement économique est ainsi le non-épanouissement des potentialités des sociétés et
des capacités des hommes. Les progrès de productivité, intégrant évidemment la valeur des ressources épuisables, sont nécessaires pour répondre aux aspirations de la majorité des exclus et à l’épanouissement de leurs capacités. Ils supposent
une équité sociale et une soutenabilité écologique. Le développement n’est donc pas la croissance mais il implique largement celle-ci.
Certes, l’éducation et la santé peuvent être des facteurs importants de croissance économique mais ils. supposent des financements liés à la croissance.
Au-delà des débats doctrinaux, le développement économique peut être défini comme un processus endogène et cumulatif de long terme de progrès de la
productivité, de réduction des inégalités, qui intègre des coûts humains et environnementaux acceptables. Il se définit dans un certain rapport espace/temps par un surplus, affecté à l’augmentation et à l’amélioration du capital physique, humain et naturel et se traduisant par des progrès de productivité et un élargissement des marchés (efficience économique). La dynamique endogèneest celle d’un processus d’accumulation lié à des mécanismes de répartition et de redistribution réduisant les exclusions et, les vulnérabilités (équité sociale).
Elle n’est durable que dans la reproduction des écosystèmes (soutenabilité écologique) et un contexte de confiance et de sécurité réducteurs d’incertitude(stabilité politique.) Le développement s’insère toutefois dans des matrices culturelles plurielles et renvoie à des représentations, attentes différentes des acteurs. Il n’apparaît qu’en liaison avec une mise en relations asymétriques des sociétés sans pouvoir être réduit à l’occidentalisation du monde.
Il apparaît quand un nombre croissant de la population passe d’une situation de précarité, de vulnérabilité et d’insécurité à une situation de plus grande maîtrise
de l’incertitude et des instabilités et à la satisfaction des besoins fondamentaux.
Il implique l’acquisition de droits, la mise en oeuvre d’organisations, d’institutions et de modes de régulation permettant de piloter des systèmes complexes. Il ne peut être réduit à des indicateurs de PIB ou de bien-être. Il importe de ne pas confondre les fins (satisfaction des besoins, développement des capacités réduction des inégalités) et les moyens (la croissance du PIB). Le bien-être matériel peut évidemment coïncider avec le mal-être personnel et se manifester par l’alcool, la drogue, le suicide. Mais dans de nombreuses sociétés démunies d’alimentation, d’accès à l’eau potable, aux soins ou à l’éducation, le plus matériel peut, dans les conditions de vie actuelles, constituer un facteur de mieux-être.
La mesure du développement économique suppose ainsi des prix de référence permettant de valoriser les trois formes de capital (physique, humain et
naturel), leur amortissement et leur investissement net. L’enveloppement économique ou le processus involutif peut être défini comme le processus inverse, se traduisant par des indices de marginalisation, d’aggravation de la vulnérabilité, de déclin de la productivité, de cercles vicieux et de trappes
à pauvreté. Il peut résulter de catastrophes, de conflits ou d’épuisement des écosystèmes.
Alors chers lecteurs selon vous, le développement économique du pays a t-il eu des progrès remarquables au cours des quinze dernières années pour justifier ce budget?



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