EGLISES DE DIEU REVENONS SUR NOS FONDEMENTS SOLIDES.
- REHOBOTH EBENEZER

- 17 févr. 2025
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L’une des grandes tragédies des Lumières et de leurs suites fut que le christianisme en général et l’Église catholique en particulier perdirent foi en leur légitimité et en la légitimité de leur mission. Ils abandonnèrent alors le caractère surnaturel de cette mission et acceptèrent de se battre uniquement sur des bases temporelles. En d’autres termes, lorsque l’Église répond à ses assaillants, elle ne le fait pas selon ses propres conditions, mais selon les conditions de ses assaillants. Au lieu de se concentrer sur sa mission et sur les vérités éternelles dont elle était devenue le réceptacle terrestre, l’Église se détourne de son objectif. Le problème n’était pas que l’Église n’ait pas su se défendre, mais qu’elle l’ait fait sur le terrain étranger des philosophes rationalistes, des économistes, des sociologues et des politiciens. Et elle continue de le faire.
Quand Emmanuel Kant a insisté sur le fait que l’existence de Dieu ne pouvait être prouvée par la philosophie, la science ou la raison, le christianisme aurait dû céder et passer à autre chose. Le christianisme ne consiste pas à prouver ces choses aux non-croyants. Il s’agit de favoriser la foi nécessaire pour y croire sans preuve.
L'orthodoxie elle-même a commis l'erreur de laisser la raison s'immiscer dans le domaine de la religion, en cherchant à prouver les positions de la foi par le test de la raison. Sous la pression des Lumières, la théologie n'a eu presque d'autre choix que de se défendre contre les contradictions intolérables qui lui étaient signalées : et c'est seulement pour les contourner qu'elle a adopté un esprit anti-révélation si poussé qu'il en est venu à abandonner la foi. . . .
Comme cela allait un peu trop loin, une théologie de l'accommodation est née. . . . Dans sa forme conservatrice, s'en tenant à la révélation et à l'exégèse traditionnelle, elle a cherché à sauver ce qui devait l'être des éléments de la religion biblique ; d'autre part, elle a accepté librement les méthodes historico-critiques de la science profane de l'histoire et a abandonné à la critique scientifique ses propres contenus les plus importants : la croyance aux miracles, des parties considérables de la christologie, la résurrection corporelle de Jésus, et bien d'autres choses encore. . .
Parmi les conséquences les plus pernicieuses de cette « bévue », on trouve les incursions occasionnelles (mais trop fréquentes) des dirigeants de l’Église dans le domaine de la politique temporelle. Certaines questions qui semblent « politiques » sont en réalité des questions spirituelles, des questions de foi. L’avortement est l’une de ces questions. Si l’on croit aux paroles du livre de Jérémie, par exemple : « Avant de te former dans le ventre maternel, je te connaissais, et avant que tu ne sois né, je t’avais consacré » alors on devrait aussi, par foi, croire que l’avortement est une chose odieuse qui prend la vie d’un des bien-aimés de Dieu.
La plupart du temps, lorsque l’Église s’aventure dans le domaine politique, elle outrepasse les limites de son autorité ; elle aggrave l’erreur de la lutte sur le terrain de la raison et des affaires humaines et exacerbe sa capitulation devant l’esprit anti-révélation moderne. Lorsque l’Église s’engage dans des affaires purement politiques et s’écarte ainsi de sa mission, les conséquences sont à la fois multiples et potentiellement graves.
La première chose que fait l’Église lorsqu’elle fait de la politique, c’est d’éroder sa propre autorité.
Les absolus moraux ne peuvent et ne doivent pas être prouvés par des mesures mondaines, et tenter de le faire ne fait que rendre les premiers ridicules par rapport aux seconds.
Une deuxième conséquence de l'implication de l'Eglise dans la politique est qu'elle la détourne de sa véritable mission. Si l'Eglise et ses dirigeants sont préoccupés par les questions terrestres, il est fort probable qu'ils seront détournés de leur attention sur les questions spirituelles, les questions de foi et de morale qui déterminent le salut.
Enfin, en s’impliquant dans la politique, l’Église risque de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Certes, un leaders chrétien est libre de ne pas être d’accord avec la politique d’un dirigeant ou avec n’importe laquelle de ses politiques, d’ailleurs. Mais lorsqu’il prend cette objection et tente d’en faire la position officielle de l’Église, d’en faire une question de conscience incontestable, il outrepasse son autorité et, ce faisant, il diminue sa véritable autorité. Ce n’est pas seulement une erreur, c’est aussi une honte.
À notre époque, où l’autorité de l’Église a déjà été érodée par les méfaits de son clergé, accroître la méfiance ne fera que rendre sa véritable mission encore plus difficile.



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