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DÉBAT SUR LA DETTE IVOIRIENNE, NE PARLEZ PAS POUR PARLER.

  • Photo du rédacteur: REHOBOTH EBENEZER
    REHOBOTH EBENEZER
  • 23 oct. 2024
  • 2 min de lecture

Selon des données officielles consultées par l'Agence Ecofin, le gouvernement ivoirien prévoit de dépenser 11,7 milliards de dollars pour le service de la dette intérieure (principal, intérêts et autres frais) entre 2024 et 2026. Ce montant représente environ 60,6% du service global de la dette du pays (19,7 milliards de dollars) sur cette période et correspond à l'encours total de la dette détenue par des créanciers locaux, dans le cadre des prêts divers et autres opérations d'emprunts.


La dette nationale ivoirienne doit-elle être considérée comme une véritable crise ? A-t-elle le pouvoir destructeur d’un ouragan, d’une tornade, d’un tremblement de terre ou d’une autre crise ?

La réponse courte est oui, mais l’explication complète nécessite une leçon d’histoire financière.

la dette peut être bonne ou mauvaise. Le choix dépend de deux critères : quel est le coût de la dette par rapport aux rendements que l'on peut obtenir en l'investissant judicieusement ? Et quelle est la taille de la dette par rapport aux revenus disponibles pour la rembourser ou la reporter ?


Si un gouvernement emprunte sur 10 ans à un taux d’intérêt de 4,0 % et construit des infrastructures qui produiront des gains économiques de 10,0 % ou plus pendant une période indéterminée (avec entretien), c’est clairement une bonne utilisation de l’argent emprunté.

Mais l'argent emprunté pour financer des projets comme la nouvelle CNI à puce inutile, la visite des miss France en Côte d'Ivoire ou pour distribuer a des militants pour gagner les élections est un gaspillage flagrant. Ces utilisations de la dette sont improductives et ne contribuent en rien à permettre au pays de la rembourser.


Supposons que vous devez 50 000 $ sur une ligne de crédit renouvelable de Mastercard. Est-ce un problème ? Si vous gagnez 30 000 $ par an et que vous n'espérez pas une grosse augmentation de salaire ou un succès commercial, alors c'est un énorme problème.

En revanche, si vous gagnez 500 000 $ par an, la dette est tout à fait gérable et vous pouvez probablement la rembourser simplement en émettant un chèque. En d'autres termes, la question de savoir si la dette est un problème (ou non) dépend du revenu disponible pour la rembourser.


Il en va de même pour les pays. La dette nationale est un problème (ou pas) en fonction des revenus disponibles pour la rembourser.

Les économistes s'accordent à dire qu'un ratio dette/PIB de 30 % est tout à fait acceptable. C'est comme devoir 150 000 dollars alors que l'on gagne 500 000 dollars.

L’augmentation du ratio dette/PIB entraîne deux phénomènes défavorables. Le premier est que le retour sur investissement (parfois appelé multiplicateur keynésien) diminue.


D'après les prévisions du FMI, pour 2024, l'encours de la dette publique ivoirienne devrait légèrement diminuer pour se situer à 59,6% du PIB avant d'avoisinner 57% du PIB en 2026.

Pourtant, Emprunter et dépenser un dollar à un taux de 30 % peut produire un rendement de 140 %. Emprunter et dépenser le même dollar à un taux de 60 % ne produit qu’un rendement de 110 %. C’est pourquoi le traité de Maastricht qui régit la politique budgétaire de l’UE impose un plafond de 60 % au ratio dette/PIB des États membres.


Alors que... ( La suite dans le lien)





 
 
 

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