DIEU A-T-IL ABANDONNÉ LES IVOIRIENS ?
- REHOBOTH EBENEZER

- 10 déc. 2024
- 2 min de lecture

Depuis plus de trois mois, j'ai mené des sondages pour connaitre la situation économique de la Côte d'Ivoire dans son ensemble. Je me suis centré sur la vie des ménages pour comprendre à quel point ils vivent les changements économiques.
Une seule réponse : la vie en Côte d'Ivoire est devenue dure. Certains propos me donnent l'impression que de plus en plus d'Ivoiriens ont commencé à avoir le sentiment que Dieu avait abandonné la Côte d'Ivoire. En chaire, les pasteurs commencent par comparer les Ivoiriens à Job et aux Hébreux du livre de l’Exode confrontés aux sauterelles et aux fléaux.
Les raisons pour lesquelles les Ivoiriens ressentent ce sentiment, c'est que le chômage reste élevé, les loyers grimpent, les prix des denrées alimentaires montent de manière exponentielle, etc. Dans un article précédent, j'ai parlé d'une dépression silencieuse des Ivoiriens.
Alors que les Ivoiriens traversent une période difficile sur le plan économique, beaucoup d’entre eux en sont venus à croire qu’ils subissaient la colère de Dieu. Il n’est pas nécessaire d’être un sceptique religieux pour douter que la souffrance des Ivoiriens soit une rétribution biblique.
La période de misère que les Ivoiriens connaissent n’est pas due à la colère de Dieu. Une lecture attentive des faits suggère qu’elle est le résultat de mauvaises politiques économiques. N’importe qui peut comprendre que les politiciens doivent soutenir des politiques stupides ou profondément perverses pour remporter une élection. De nombreux partisans du libre marché voteront pour des candidats qui mettent l’accent sur les concessions anti-marché pendant la campagne, se consolant du fait que ces mêmes militants, en quelque sorte en aparté, font parfois semblant de reconnaître le pouvoir des marchés. L’électeur, parfois naïvement, espère qu’une fois au pouvoir, les politiciens mettront en œuvre la politique du libre marché. Parfois, c’est le cas.
Ce qui est vraiment insidieux, c’est quand les hommes politiques présentent ces politiques médiocres, des droits de douane aux allocations familiales ou aux emplois créés par des travailleurs, comme des mesures économiques optimales, une garantie de prospérité. Car alors, au moins pendant un certain temps, les électeurs les croient. En bref, il y a un prix à payer pour avoir foi dans les dirigeants politiques, comme on le ferait dans une église, et les électeurs sont également responsables de ce prix. La dépression silencieuse ivoirienne est là non parce que Dieu a frappé la Côte d'Ivoire, mais parce que nos dirigeants se sont joués de Dieu. Et parce que nous les avons laissés faire.
En 2025, choisissez le bon candidat qui pense ivoirien et parle ivoirien… Sinon, cette dépression silencieuse risque de perdurer.




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