POURQUOI IL FAUT SE PRÉPARER A UNE DÉVALUATION DE L'EURO?
- REHOBOTH EBENEZER

- 16 juin 2025
- 3 min de lecture

La récente frappe militaire israélienne contre le parc nucléaire iranien et l'artère principale de son secteur énergétique a redistribué les cartes dans la région. Pour l'Europe, cette attaque pourrait marquer le début d'un désastre énergétique.
Il est trop tôt pour évaluer pleinement les attaques stratégiques d'Israël contre l'infrastructure nucléaire et la production énergétique iraniennes. Pourtant, une chose est claire : parallèlement à l'élimination systématique des cibles militaires et nucléaires, la frappe de précision sur le champ gazier de South Pars marque une escalade militaire spectaculaire. Situé dans le golfe Persique, South Pars est actuellement le plus grand champ gazier opérationnel au monde et un pilier essentiel de la stabilité économique du régime iranien. En ciblant cette installation, Israël a clairement indiqué qu'il vise à provoquer un changement de régime à Téhéran et qu'il est prêt à risquer des attaques de représailles contre ses propres infrastructures énergétiques pour y parvenir.
Frapper la bouée de sauvetage économique de l'iran. L'attaque du 14 juin contre le champ gazier a entraîné la fermeture immédiate de l'une de ses quatre unités de production. La production quotidienne a chuté de 12 millions de mètres cubes, soit une baisse d'environ 4,4 % de la production quotidienne de gaz iranienne, qui s'élève à environ 275 milliards de mètres cubes par an. Avec un prix du gaz national d'environ 0,07 dollar le mètre cube, le régime iranien perd désormais environ 840 000 dollars par jour. Il s'agit d'un coup dur pour le secteur énergétique du pays, South Pars étant la principale source d'énergie du pays.
L'Iran utilise la majeure partie de son gaz naturel pour sa consommation intérieure, principalement pour la production d'électricité, le chauffage et l'industrie. Selon la Compagnie nationale iranienne du gaz (NIGC), seuls 10 % environ de sa production sont destinés à l'exportation, l'Irak et la Turquie étant ses principaux clients dans le cadre de contrats à long terme. L'exportation vers l'Europe demeure un objectif stratégique pour Téhéran, mais son importance est actuellement négligeable en raison du manque d'infrastructures et d'un contexte politique hostile.
Si le conflit s'aggrave, les régions pauvres en énergie et dépendantes des importations pourraient payer un lourd tribut. L'Europe, en particulier, pourrait se souvenir des chocs pétroliers des années 1970, lorsque l'OPEP avait riposté au soutien occidental à Israël pendant la guerre du Kippour en réduisant sa production de 5 %, plongeant une grande partie de l'Occident dans la récession. À l'époque, le prix du pétrole avait bondi de 3 à plus de 12 dollars le baril en moins d'un an. Les économies occidentales se sont empressées de réagir par des mesures drastiques, notamment les désormais tristement célèbres « dimanches sans voiture ».
Pour les pays de la zone euro, une répétition de la crise pétrolière des années 1970 serait financièrement dévastatrice. De telles crises poussent les capitaux mobiles vers le dollar américain, principale monnaie d'échange énergétique mondiale. Les États-Unis, dont l'économie est largement autarcique sur le plan énergétique, seraient ainsi protégés d'une grande partie des conséquences.
La situation de l'Europe, en revanche, est précaire. L'euro est une monnaie fiduciaire adossée à un émetteur ayant un accès limité aux ressources énergétiques nationales. Face aux chocs géopolitiques, il subirait probablement une forte dévaluation, l'Europe s'efforçant de payer la flambée des prix à l'importation. La hausse des coûts de l'énergie accélérerait la récession, alimentant les pressions inflationnistes existantes et provoquant une fuite des capitaux vers des juridictions plus sûres sur le plan énergétique. L'Europe est prise au piège. L'élimination politique du nucléaire en Allemagne et l'embargo sur l'énergie russe n'ont fait qu'accroître l'exposition du continent.



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